« Ni potiche, ni PDG » (S. Convers) : l’équilibre de la juste place
La première règle d’or pour un Président de conseil est la définition de son positionnement. Selon Sylvain Convers, l’écueil est double : celui de la « potiche », un président passif qui se contente de valider des décisions déjà prises, ou celui du « PDG », qui viendrait empiéter sur l’espace opérationnel de la direction.
Le Président ne dirige pas l’exécution – celle-ci incombe exclusivement au Directeur – mais il est le garant de la lisibilité de l’action. « La stratégie commune se prépare à deux », soulignent de conserve Sylvain Convers et Martial Martin. C’est dans cette préparation en amont du conseil que se forge la cohérence. Un binôme soudé permet d’éviter de sombrer dans le formalisme administratif pesant pour donner sa place à l’essentiel : mettre l’université au service des besoins sociaux et économiques du territoire.
L’IUT : une interface, pas une tour d’ivoire
Le Président de conseil est, par essence, un « traducteur » ou un « ambassadeur ». Issu du monde socio-économique, il dispose des codes et du carnet d’adresses qui font parfois défaut aux représentants du monde académique.
- Le carnet d’adresses : Le Président ouvre des portes, que ce soit auprès des décideurs économiques ou des collectivités territoriales.
- Le soutien politique : Face aux enjeux budgétaires de l’université, le Président est le porte-parole des intérêts larges des parties prenantes. Il n’est pas un membre du personnel ; il est la voix de la société civile qui demande des comptes et du soutien pour un outil de formation et transfert technologique essentiel au développement socio-économique du territoire.
- L’interfaçage : Son rôle est de faire entrer le monde économique dans l’IUT et,inversement, de rendre l’IUT indispensable aux yeux des entreprises locales.
Le plaisir comme carburant de l’engagement
Pourquoi s’engager bénévolement pendant deux décennies ?
La réponse de Sylvain Convers est sans équivoque : le plaisir et le développement personnel.
« Il devrait y avoir plus de croisements dans nos mondes, alors qu’on vit souvent en parallèle », remarque-t-il. Cet engagement n’est pas une contrainte, mais une source de fierté symbolique.
Participer à la création de nouvelles filières, comme le département Carrières Juridiques à Troyes ou porter des dossiers complexes par exemple autour de la réhabilitation immobilière apportent une satisfaction qui dépasse la simple gestion administrative.
C’est une relation de réciprocité : le Président donne son temps et son réseau, mais il reçoit en retour une compréhension fine des enjeux de demain, une empathie renouvelée pour la jeunesse et la satisfaction de voir des projets devenir opérationnels.
Un modèle de gouvernance pour l’avenir
Si l’engagement semble parfois plus difficile à susciter chez les nouvelles générations d’acteurs territoriaux aujourd’hui perpétuellement sollicités, l’essence même de l’IUT reste son meilleur argument : c’est un modèle qui « sert à quelque chose ».
Pour les Présidents de Conseil d’Institut, le message pourrait être le suivant : leur rôle est celui d’un pivot. En formant un binôme de confiance avec le Directeur, fondé sur la complémentarité et l’envie de faire ensemble, il ne se contente pas de présider une instance ; il devient l’architecte d’un pont essentiel entre le savoir et l’action.
Le succès d’un IUT ne se mesure pas seulement à ses indicateurs académiques, mais à la solidité du lien qu’il entretient avec son environnement. Et il est l’incarnation de ce lien.

