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L’apprentissage victime de son succès ?

Le développement de l’apprentissage a été très fort en 2020 avec 525 000 contrats signés, soit + 42 % par rapport à 2019, dont la plus grande partie dans l’enseignement supérieur.

Parallèlement les contrats de professionnalisation sont en très nette diminution et au final le solde net d’augmentation des contrats en alternance se situe à + 55 000.

Les incitations en faveur de l’apprentissage constituées par :
– L’augmentation de l’aide à 8 000 € pour les entreprises,
– Le niveau des coûts contrats,
– La facilité de création des Centres de Formation des Apprentis,
sont sans nul doute les raisons de cette évolution.

Cependant, la pérennité de ce dispositif pose question au vu des comptes de France compétences qui font état d’un déficit de 4,6 milliards d’euros pour 2020 et une prévision de résultats pour 2021 à – 3 milliards d’euros, sachant que les recettes ont été en 2020 de l’ordre de 5 milliards d’euros.

L’équilibre financier n’est donc pas assuré et des mesures vont devoir être prises pour augmenter les recettes et/ou réduire les dépenses. En conséquence, nous allons devoir :
– Être prudents lors de l’établissement de nos budgets prévisionnels pour 2022, car il est vraisemblable que se produise une diminution des coûts contrats,
– Être vigilants lors des débats sur l’équilibre financier de France compétences. Certains acteurs se sont déjà positionnés pour demander une diminution des versements aux établissements de l’enseignement supérieur. Il nous appartient de défendre notre modèle et les besoins qui vont avec. L’accueil de d’avantage de bacheliers technologiques devrait notamment s’accompagner d’une appétence renforcée pour l’apprentissage, et il est indispensable que nous ayons les moyens nécessaires à la réussite de nos étudiants.

L’UIMM vient de se positionner dans ce débat en demandant à l’enseignement supérieur de maîtriser les dépenses.

Franck BORDAS – 04.09.2021 – Président de l’UNPIUT